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Phelsuma madagascariensis grandis
 Phelsuma madagascariensis grandis. Rivage de la cascade Niagara, SAINTE SUZANNE  (photo : Grégory Dassibat)

L'île Tortue

Les milieux insulaires sont souvent peu favorables à l'accueil et au développement de l'herpétofaune.
C'est le cas des Mascareignes, volcans de l'océan indien trop éloignés des grandes terres d'Afrique et d'Australie, et tout particulièrement de l'île de la Réunion.

Il n'y a jamais eu de serpents, et seules deux petites couleuvres (Lycodon aulicus et Ramphotyphlops braminus) d'origine indienne, arrivées au début du XIXè siècle peuplent discrètement les jardins réunionnais.

Une paire de gékos endémiques magnifiquement colorés (Phelsuma inexpectata et Phelsuma borbonica) cotoie de plus ternes cousins introduits par l'homme, dont le fameux "Margouillat" (Gehyra mutilata), connu dans toutes les cases de l'île.

Récemment, deux autres lézards se sont malencontreusement installés à la toute fin du siècle dernier; l'Agama agama, qui reste limité aux zones les plus chaudes de la côte Ouest, et le Phelsuma madagascariensis grandis, qui s'étend bientôt à tout le littoral.

Le plus beau et le plus célèbre de nos petits sauriens est sans conteste "l'endormi", nom créole donné à l'unique caméléon indigène (Furcifer pardalis), arrivé de Madagascar dès le XVIIIè siècle.

Quant aux tortues, elles furent pour leur grand malheur à l'origine du peuplement de l'île. Les premiers colons trouvèrent là, en effet, pléthore de tortues marines sur les plages de l'Ouest, et encore plus de tortues terrestres sur la côte sous le vent, à même de nourrir facilement les hommes des villages, comme de remplir les cales des navires de la Compagnie des Indes.

 

  Furcifer pardalis
 

Furcifer pardalis. La splendide couleur bleue turquoise est propre aux grands mâles d'humeur calme. SAINT-PAUL

 

1666 : "Nous n'avions qu'une incommodité, c'était le grand nombre de tortues de terre qui nous venaient assaillir de tous cotés" (CARPEAU DE SAUSSAY).

1667 : "Les tortues de mer y terrissent en si grande quantité, qu'il n'est pas possible de le croire" (JACQUES RUELLE).

1688 : "Les tortues sont devenues la nourriture ordinaire des gens de la Réunion, et on ne peut marcher six pas sans trouver une tortue de terre" (FROIDEVAUX).

1717 : "L'île abondait autrefois en tortues de terre, mais les vaisseaux en ont tant détruit qu'il faut aujourd'hui en aller chercher fort loin" (GENTIL DE LA BARDINAIS).
1840 : Isolé dans le cirque de Cilaos, le dernier spécimen de Cylindrapsis borbonica s'éteignait.

Dès le début du XIXè siècle, les Réunionnais importèrent en masse la géante des Seychelles (Dipsochelys dussumieri) et la magnifique tortue rayonnée de Madagascar (Astrochelys radiata).

 

Cette dernière, grande vedette des cours et jardins créoles, fera l'objet de prochaines contributions...

Aujourd'hui, les reptiles en général et les tortues en particulier bénéficient des lois de protection internationales et de quelques réglementations spécifiques à la Réunion. Ceci pour leur meilleur épanouissement comme pour l'éducation de leurs éleveurs.

 

Auteur  : Emmanuel Lemagnen, Président de la Société Cheloniophile de Bourbon.

Chelonia mydas
Chelonia mydas. Centre d'Etude et de Découverte et des Tortues Marines. SAINT-LEU
     
 
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